Hubert Caloz

Rte du Chili  17 C - CH - 1870 Monthey

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Sommets des Dents du Midi

Le massif des Dents du Midi est connu pour ses randonnées alpines exceptionnelles. Mais bien que modeste et sauvage, le massif recèle quelques perles pour l'alpiniste. Ici, point de colonnes d’alpinistes en file sur des chemins tout tracés. Il faut du flair et l’œil aiguisé à la recherche des cairns, tout ce qu’on aime. Et surtout : plus besoin de choisir entre les vacances à la plage ou à la montagne, car on trouve des coquillages fossiles et des oursins en abondance dans les plis calcaires du crétacé et du jurassique des Dents du Midi.

Dans la rubrique Alpinisme vous trouverez aussi des ascensions dans cette partie des Alpes Vaudoises qui, finalement, fait partie des mêmes plis géologiques : Arête Vierge, Dent de Morcles.

Haute-Cime (3257 m) voie normale

Les Dents du Midi sont visibles de très loin, par conséquent la vue depuis le sommet de la Haute Cime est incroyable! De plus, juste sous le sommet s'ouvrent les à-pics de la face nord.

Cependant, le sommet se mérite ! Les pierriers demandent un peu de patience et des mollets sportifs. Cotée T5, la voie normale devient un parcours d'alpinisme si les névés sont encore présents au sommet. Il faut environ 4 heures de la cabane de Susanfe au sommet, et autant pour redescendre jusqu'à Bonavau.

Haute Cime (3257 m) par la Pente des Lacs

Et si on tentait ce sommet classique par une voie différente, mais pas si difficile ?

La Pente des Lacs domine le Lac d'Antème et sa cabane. L'itinéraire emprunte quelques couloirs puis se faufile habilement par un passage qui aurait été découvert par J-M. Clément, curé de Champéry en 1784! Ensuite, ce sont des sentes à peine marquées entrecoupées de névés qui permettent de rejoindre l'arête des Lacs, puis le Col des Paresseux et le sommet de la Haute Cime. Une variante permet de terminer au sommet, par des passages d'escalade facile. A découvrir absolument avec ou sans la variante.

Si on a davantage l'habitude des chemins tracés, ou par brouillard, l'itinéraire est difficile à trouver : réservez votre guide !

Traversée des Ruans (3044 m)

La traversée des Ruans comblera l'alpiniste : l'itinéraire parcourt tous les terrains et demande de constamment chercher l'itinéraire. C'est une journée de plus de huit heures qui vous attend, mais on ne s'embête jamais : marche en crampons, escalade de degré 4, pierriers puis arête de neige esthétique. Sans compter un ou deux rappels ! La soirée à la cabane de Susanfe permet un départ agréable avant l'aube.

Aperçu de l'itinéraire ici.

Tour Salière (3220 m) arête nord

Discrète quand on la regarde depuis le domaine des Portes du Soleil, presque écrasante au-dessus le Lac de Salanfe, mais visible depuis les Alpes Valaisannes :  la Tour Salière vaut le détour. Pour la conquérir, il faut remonter la fameuse Grande Pente, traverser le glacier du Mont Ruan. Ensuite, l'arête nord est une succession de ressauts où l'escalade n'est jamais difficile, mais parfois délicate à cause du rocher instable. Il faut compter 5 heures de montée depuis la Cabane de Susanfe, et 3 pour redescendre. On appréciera mieux la course en début de saison , quand les névés recouvrent encore les pierriers de la Grande Pente.

Dôme (3138 m)

Le Dôme : une belle surprise du massif des Dents du Midi ! Ses pentes sommitales offrent des champs de neige où le soleil rasant du matin allonge les ombres à l'infini. C'est un régal, quand la neige a bien durci, de remonter la Grande Pente et d'obliquer ensuite vers le Dôme. Un petit passage délicat permet la transition vers les pentes sommitales qui ont donné leur nom au sommet. Cette course permet de tester son habileté en crampons avant les grandes courses en altitude, mais aussi de gravir un sommet moins difficile du massif mais tout aussi beau que la Tour Salière ou les Ruans. Il faut compter 4 heures 30 depuis la cabane de Susanfe au sommet, et 3 heures pour redescendre.

Cime de l'Est (3178 m) voie normale

La Cime de l'Est domine fièrement la Vallée du Rhône au-dessus de Saint-Maurice. Elle prend les premiers rayons du soleil. En automne, on y entend les cerfs qui brament en même temps du Vallon de Van et de Chalin ! N'importe quel alpiniste a envie de la gravir. Avec raison : elle n'est pas si difficile, et demande 2h30 ou 3 heures depuis le Refuge.  Cependant, il faut accepter de cheminer dans un terrain instable, ne pas s'attarder dans certaines zones. L'ancien itinéraire du Col de la Cime de l'Est n'est plus parcouru à cause des éboulements; le nouvel itinéraire emprunte le début du couloir Rambert, avant de suivre l'arête puis les vires du versant Val d'Illiez. Le sommet s'atteint pas une cheminée en degré III. En cadeau : une soirée dans le magnifique Refuge des Dents du Midi !

Aperçu de l'itinéraire (première partie) ici.

Dent Jaune (3186 m) par la Vire aux Genevois

Elle mérite bien son nom : une vraie canine de calcaire, avec des zones jaunes bien escarpées. L'itinéraire emprunte une vire très inclinée :la Vire aux Genevois. Elle conduit à l'arête, qui est souvent recouverte de neige ou de verglas. Le passage clé qui permet de prendre pied sur l'arête se fait en rappel à la descente. L'escalade n'est pas très difficile mais demande de l'attention. A apprécier dès que la neige a quitté les vires !

Couloir Forteresse-Cathédrale

Bel itinéraire d'une certaine ampleur ! C'est le seul couloir des Dents du Midi qui est vraiment orienté plein nord. Par conséquent, il est plus sûr que les autres itinéraires du versant Val d'Illiez : peu de chutes de pierres et pas de rigoles creusées. On l'atteint par l'arête de Soi, depuis le Refuge de Chalin. Plusieurs ressauts de calcaire très fossilifère conduisent à la dernière partie mixte ou neigeuse. A la sortie, le couloir se redresse et donne accès à un col au pied de l'Aiguillette Délez. Depuis le sommet de la Cathédrale, 5 courts mais impressionnants rappels par l'arête ouest ramènent à la Fenêtre de Soi, puis par des vires au Glacier de Plan Névé. Et pourquoi pas dormir au Refuge des Dents du Midi, pour gravir la Cime de l'Est le lendemain ?

Aperçu de l'itinéraire de montée et des rappels.

Luisin (2786 m) par l'arête nord est

L'arête nord-est s'étire depuis le Col de Golette jusqu'au sommet du Luisin. Ce n'est pas le calcaire des Dents du Midi mais du beau gneiss qui évoque davantage les massifs valaisans ou les Aiguilles Rouges de Chamonix. Jamais vraiment difficiles, les passages sont parfois escarpés et s'ouvrent sur le vide. En passant, on peut gravir un beau gendarme : le fameux Clocher du Luisin. Je propose de réserver deux jours : le premier jour, je vous fais découvrir les arêtes mystérieuses et sauvages de Gagnerie, au-dessus de l'Auberge de Salanfe. Le lendemain, nous gravissons le Luisin au départ de l'Auberge.

Tour d'Antème et Dent de la Chaux (2767 m)

Quand on lève la tête depuis le village de Champéry en direction des Dents du Midi, un ressaut impressionnant se dresse comme pilier de l'arête des Lacs. Cet éperon n'avait pas échappé au guide F. Avanthey de Champéry qui en a fait la première ascension en 1943 avec Mlle De Courten. Le départ se trouve entre la Chaux d'Antème et la Dent de la Chaux, au  pied de la Tour d'Antème. L'équipement a été rafraîchi, mais son parcours reste une belle aventure. La dernière longueur, une cheminée délitée, s'évite en prenant sur le fil du pilier par la dernière longueur de la Directe. Bien que faisable en un jour, le mieux est de dormir à la sympathique Cabane d'Antème.

La voie classique de 1943 avait été légèrement modifiée en 2006 (plaquettes jaunes); une nouvelle ligne vient d'être ouverte le 6 octobre 2018 : la Directe des guides. Ce sont 7 longueurs de 40 m maximum, avec du 5b-5c à chaque longueur. Relais en place, mais peu de plaquettes dans les longueurs, il faut compléter avec un assortiment de Perrins, coinceurs, friends. Le rocher est meilleur que dans la classique, mais méritera toute votre attention. Avec la sortie au sommet de la Dent de la Chaux en corde courte, et le retour par la Pente des Lacs ou par la cabane de Susanfe, la journée ressemblera davantage à une course de montagne complète avec une section de grimpe qu'à juste une escalade : une bonne raison d'apprécier la journée avec votre guide !

Aperçu des itinéraires, accès et topo ici, ainsi que dans la galerie de photos ci-dessous.

Glacier de Chalin au Col de la Cime de l'Est (3030 m)

Le Glacier de Chalin présentait autrefois une langue de glace plus fournie, de sorte qu'on le nommait volontiers "Glacier suspendu de Chalin". Le glacier remplissait autrefois la combe, qui se termine par une goulotte de glace. Aujourd'hui, il est gravi le plus souvent en hiver, lorsque cette goulotte du fond est en bonnes conditions. Les alpinistes apprécient la glace de cette goulotte, mais ils évitent alors la suite du glacier par sa rive droite, car en hiver la glace très froide de la langue forme des plaques cassantes. Parfois en conditions au printemps, lorsque la  neige est dure, le glacier de Chalin offre une ascension très sauvage. Laissez-vous tenter !

Aperçu de l'itinéraire ici.

Haute Cime (3257 m) par l'arête de Sélaire

Voilà un des très longs itinéraires des Dents du Midi : entre 2400 m et 3257 m. Le point de départ, la cabane d'Antème, se trouve à 2032 m d'altitude. L'ascension commence par des couloirs faciles, puis une première partie d'escalade amène sur une portion de l'arête plus plate, mais moins stable. On l'évite alors par la droite pour rejoindre la deuxième partie à une profonde cheminée. Peu après, une troisième section de belle escalade conduit au sommet. L'ambiance y est incroyable, mais le rocher médiocre sera plus volontiers parcouru par des alpinistes ayant davantage envie de gravir cette ligne évidente que de faire de la belle escalade.

Tour Sallière (3220 m) par l'arête d'Emaney

Elle se déroule entre le Col d'Emaney et le sommet de la Tour Sallière sur plus de 2,5 kilomètres. Heureusement, les trois ressauts qui demandent une vraie escalade sont taillés dans des couches géologiques saines. Le reste de l'arête n'est pas difficile mais demande un pied sûr... et un bon casque. Le deuxième ressaut a été escaladé lors de la première ascension en 1902 par le guide F. Délez par une cheminée difficile, mais évitable, qui est restée célèbre : la "Cheminée Délez". On peut quitter l'arête en deux endroits, avant et après l'épaule. Enfin, la partie sommitale ESE de l'arête donne à la Tour Sallière sa forme triangulaire caractéristique; cette partie sommitale de l'arête est la voie la plus facile pour gagner le sommet. Du sommet, je propose de descendre l'arête nord et de terminer à la cabane de Susanfe. Cette course est donc une longue aventure, mais on comprend qu'elle tente l'alpiniste car c'est une arête évidente. Aperçu de l'itinéraire ici.

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